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Prises de position

De l’inaction, du déni et toujours plus d’algues vertes : en baie de Douarnenez, que fait l’État ?

Communiqué de presse

18 juillet 2025

Depuis le mois de juin, la baie de Douarnenez connaît des échouages massifs d’algues vertes. Face à ce fléau, les collectivités locales manquent à l’appel, allant jusqu’à nier leur part de responsabilité. Des extensions de porcherie, à l’origine même de la prolifération des ulves, continuent d’être autorisées sur ces territoires sensibles. Pour une action urgente et sérieuse, les élu.es Écologistes de Bretagne du Conseil régional de Bretagne interpellent l’État.

Depuis la mi-juin, la baie de Douarnenez connaît des échouages massifs d’algues vertes. Sur la commune de Kerlaz, 1 094 m3 d’algues vertes avaient déjà été ramassés à la mi-juin : à la mi-juillet, le volume total ramassé se chiffre à 2 522 m3. Plus du double en l’espace d’un mois. Pour nettoyer les plages, les camions de ramassage s’affairent et les stations de compostage saturent. Les chiffres n’en finissent pas de grossir et l’inaction préventive, elle, perdure. Les erreurs des responsables politiques prennent la forme de ces montagnes vertes, qu’il devient impossible de masquer aux yeux des riverain.es et touristes. 

 

Manque de moyens, défaut de compétences ou manque de volonté : de nombreux élu.es des collectivités territoriales impliquées dans la lutte contre les algues vertes s’engouffrent dans un déni de responsabilité qui éloigne la perspective d’une amélioration de la situation. Le 10 juillet dernier, la maire de Douarnenez et présidente de l’intercommunalité, Jocelyne Poitevin, attribuait dans un communiqué la cause de ces marées vertes au “changement climatique ou aux anciennes pratiques agricoles aujourd’hui disparues”. 

 

Peut-on réellement parler de “pratiques agricoles disparues” aujourd’hui alors que les modèles agricoles intensifs sont encore encouragés par nos institutions ? En juin dernier, nous avions interpellé le Conseil régional de Bretagne sur les autorisations délivrées par le parc naturel marin d’Iroise, présidé par Maël de Calan, pour des extensions de porcherie en baie de Douarnenez. Et ce, alors même que la baie de Douarnenez est située dans le périmètre du PNMI et en baie algues vertes, ciblée par le plan de lutte contre les algues vertes. La Région Bretagne avait justifié son vote favorable selon les évaluations scientifiques du PNMI des impacts de ces extensions prises individuellement, faisant fi d’une vision systémique des impacts et enjeux. 

 

Peut-on réellement parler de “pratiques agricoles disparues” aujourd’hui lorsque la loi écocidaire du sénateur Duplomb, récemment adoptée par le Parlement, va relever les seuils des installations classées pour la protection de l’environnement ? Cette mesure va alléger la procédure d’autorisation des élevages intensifs, à l’origine même des pollutions nitrates et de la prolifération des algues vertes. 

 

Face aux risques sanitaires, aux risques environnementaux, aux multiples condamnations, les élu.es Écologistes de Bretagne interpellent l’État : à quand une action à la hauteur de l’urgence sanitaire et environnementale ? 

 

Combien de fois le gouvernement devra-t-il être condamné pour inaction avant de prendre de véritables mesures pour accompagner les agriculteur·rices vers des modèles plus vertueux ? Combien de combats législatifs les associations devront-elles encore mener pour un sursaut réel du gouvernement ? Combien de millions d’euros faudra-t-il encore dépenser pour ramasser les conséquences d’une inaction politique préventive ? Combien d’accidents, parfois mortels, devrons-nous encore compter avant que les politiques prennent leurs responsabilités et mettent tout en œuvre pour endiguer ce phénomène ?

 

Pour Julie Dupuy, conseillère régionale du groupe des Écologistes de Bretagne : 

 

“Ces marées vertes, d’une ampleur alarmante, sont symptomatiques d’un modèle qui agonise et asphyxie nos milieux. Le gouvernement doit faire preuve de volonté politique et prendre le problème à la racine, en se saisissant de la question de l’avenir du modèle agricole breton. Tant que le virage agroécologique n’est pas pris, les marées vertes continueront de mettre en péril la santé humaine, animale et environnementale du territoire.”

 

Pour les Écologistes de Bretagne, il est urgent de se saisir de la question de la baisse du cheptel, d’accompagner les agriculteur·rices vers des modèles agricoles extensifs, à faibles intrants, d’investir massivement dans l’agriculture biologique et le soutien à l’installation-transmission, mais aussi de penser les différents enjeux du territoire de manière systémique. Les marées vertes ne représentent qu’une partie visible des problèmes de pollution auxquels le territoire breton est confronté : la mise en synergie des différents enjeux énergétiques, alimentaires, de qualité de l’air et d’eau sur le territoire est une nécessité. 

 

Contact :

Collaboratrice : Alizé Despeaux 

06.76.88.24.27

elu-lesecologistesdebretagne@avenir.bzh

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